Un chercheur sur les limites des archives, et pourquoi une correspondance ADN avec le golfe du Bénin est un début, pas une réponse.
Les gens arrivent à Ouidah avec un dossier. Dedans, un rapport ADN avec un pourcentage à côté de « Bénin et Togo », parfois un nom de famille tiré d'un registre de plantation, parfois un port d'embarquement. Ils veulent savoir quel village. Nous devons commencer par dire que les archives ne le disent presque jamais.
Le fort portugais tenait des registres de navires, pas de personnes. Les archives coloniales françaises commencent dans les années 1890, bien après la fin de la traite. Ce qui survit, ce sont des fragments : un registre d'aumônier à Bahia, une liste de « retornados » revenus du Brésil dans les années 1830 avec des noms portugais, qui ont bâti les maisons encore debout sur la rue des Esclaves.
Alors nous travaillons de biais. Une correspondance ADN régionale désigne un groupe linguistique. Un nom de famille qui a survécu aux Amériques peut être fon, yoruba ou goun, et chacun a sa géographie. Un rituel que votre grand-mère gardait sans savoir pourquoi peut avoir un nom ici. Rien de tout cela n'est une preuve. Tout cela est une direction, et une direction suffit pour marcher.
Sur le voyage Retour, nous passons la première soirée à parcourir le dossier ensemble, pour que personne n'arrive à la Porte du Non-Retour en attendant un certificat. Ce qu'on y trouve à la place, c'est un lieu, une communauté qui a gardé la mémoire, et du temps.
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